Le musée du centre de recherche

Le Centre de Recherche pour la Sauvegarde et la Promotion de la Culture Sénoufo (CRSPCS), à travers les 20 000 photos, les 120 pagnes traditionnels et les 600 objets collectés depuis 4 ans, désire faire découvrir la vie quotidienne, sociale et religieuse du peuple sénoufo et des ethnies avoisinantes.

Il veut faire connaître et animer les valeurs culturelles du peuple sénoufo.

Pour ce faire, il s'avère plus que nécessaire de garder la mémoire historique de ce peuple longtemps oublié, et pourtant très courageux et riche d'un art et d'une tradition orale remarquables.

Le centre donc, par le biais de la culture et dans son enceinte souhaite faciliter le dialogue inter-religieux entre les différents peuples.

 

 

Statues et Statuettes

Objets parfois sacrés dont l'usage est réservé à une élite: celle des initiés, on les utilise très souvent dans l'art divinatoire et les cérémonies rituelles d'adoration en raison des pouvoirs surnaturels qui leur sont attribués, reflet direct de l'aspect fétichiste du sénoufo.

De même qu'on a des statuettes, image de la déesse, symbole de la divinité féminine, on retrouve également certaines de ces statues et statuettes souvent adorées pour diverses raisons: bonheur conjugal dans le foyer (fécondité, harmonie du couple), conjuration de l'esprit des mort ou encore pour entrer en contact avec l'au-delà, consultation pour déceler les causes de maladies ou de décès etc.…

Archive: photos: statuettes du musée

Masques

L'aspect sacralité de ces objets est fonction non seulement de l'usage qu'on en fait, mais aussi des différents cultes auxquels ils sont destinés.

Quand au port de ces masques, il reste l'apanage des initiés, la vue de ces masques dépend également des cultes auxquels ceux-ci sont voués. L'initiation à ces cultes tient souvent lieu dans divers endroits: bois sacrés, fleuves, rivières, sensés posséder des âmes et régulant la vie des êtres vivants qui les côtoient. Chose qui dépeint le côté animiste du sénoufo

Les masques sont généralement utilisés lors des cérémonies rituelles conférées aux différents cultes d'adoration, portés par des danseurs qui s'adonnent parfois à des séries de démonstration de puissance, témoignant ainsi des pouvoirs mystiques du masque, ils sont sensés être des traits d'union entre les forces occultes et le commun des mortels

Dans le cas du masque du culte du Komon, la vue est interdite aux femmes et souvent aux hommes non encore circoncis. Il en est de même pour plusieurs de ces masques utilisés pour des cultes sacrés et secrets tels que: le Konrô, le Do, le Korobila, le Kôrô etc.….

Archive: photos: masques du musée

 

Instruments

La musique, en marquant le rythme des mouvements collectifs, constitue le support indispensable à tous les évènements solennels de la vie sociale et religieuse.

Les tambours en plus d'accompagner parfois le balafon, sont aussi joués seuls lorsqu'ils ont pour mission d'annoncer ou d'animer les funérailles de certains chefs coutumiers.

Maîtres des instruments à percussion, les sénoufo font résonner ces instruments en solo ou en collectivité en fonctions des cérémonies auxquelles ils interviennent. Parmi les éléments typiques, on peut citer: la harpe luth (n'goni), la clochette à percuteur externe, le hochet en calebasse à percuteurs interne ou externe, la flûte, etc.….

Quand bien même le changement des temps, origine majeure de la profanation de certains instruments, il est tout de même nécessaire de noter que les instruments de musique demeurent toujours sacrés et restent fonction des vocations de base depuis la naissance.

Le cas des castagnettes en est bien l'illustration:

Excepté quelques rares cas où les hommes sont à la manœuvre, l'instrument est généralement joué par les femmes, le choix de l'instrumentiste se fait en fonction des recommandations des esprits et cela indépendamment de la volition personnelle de celui-ci.

Archive: Photos: instruments du musée

 

Armes

Tout en étant doué d'un courage physique et d'une fermeté morale remarquable, ces deux qualités étant fortement stimulées au cours de son éducation initiatique, le sénoufo, agriculteur convaincu, n'a pas développé de tempérament belliqueux à plus forte raison de discipline martiale proprement dite.

Voilà pourquoi, outre les pièges, son arsenal d'arme traditionnel se borne à la conception de quelques couteaux, haches et fusils de chasse etc.…

Cet état d'esprit pacifiste sera mise à l'épreuve vers 1840 par les menaces des faama mandé d'Odienné et les ambitions conquérantes des Massa de Sikasso, chose qui obligera les sénoufo à se repositionner point de vue armement.

C'est ainsi qu'en plus des couteaux, des haches et des fusils de chasse fabriqués par les forgerons, il eut l'émergence des flèches empoisonnées dans certaines localités où l'on était toujours exposé aux attaques.

L'objectif de ces flèches empoisonnées était, tout en étant caché dans les bois sacrés, de surprendre les envahisseurs et de les neutraliser à l'aide de celles-ci.

Archive: Photos: Armes du musée

 

Outils

La simplicité de l'équipement technique du paysan sénoufo contraste avec l'importance des travaux réalisés, ce qui suppose une énorme dépense d'efforts physiques, tous les outils étant manuels.

La pièce maîtresse de cet équipement, celle qui caractérise le paysan sénoufo est la grosse daba, la hache intervient dans les travaux champêtres pour abattre les gros arbres.

L'outillage agricole apparaît donc simple à entretien facile et souvent à fonctions spécifiques.

La daba se compose de deux parties: le manche en bois taillé et la lame en fer, pièce travaillante de la daba à forme grossièrement rectangulaire.

En plus de la daba propre aux femmes à certains endroits, qui diffère de celle des hommes par la dimension et son mode d'agencement, on ajoute, la petite daba, outil passe-partout et quelques petits outillages parmi lesquels on peut citer: le couteau, le semoir traditionnel, la faucille, le panier, le mortier, le pilon etc.…

Tous ces outils sont fabriqués par les forgerons qui demeurent toujours les maîtres incontestés de ce savoir faire.

Cependant, en raison de la vénération dont jouit la terre, tout paysan sénoufo, avant de l'aborder, défricher et labourer en vue de faire prospérer des cultures, accomplit certains rites propitiatoires dont la finalité est d'apaiser les esprits des génies protecteurs et de bénéficier de leurs bénédictions.

Archive: Photos: Outils du musée

 

Mobiliers

La variété et la diversité de ces objets expriment la sédentarité de ce peuple, technique de modelage et de façonnage, adaptée à leurs besoins, qu'ils ont amélioré au fil du temps.

A l'exception de quelques rares créations personnelles, bon nombre d'entre eux sont confectionnés par les forgerons.

En plus des objets utilitaires parmi lesquels on cite: poutres, cannes, chaises, tabourets, lits, pots de beurre, ustensiles de cuisine etc.…

D'autres sont conçus pour la décoration: les statuettes en bronze, or, marbre etc.…

L'usage qu'on en fait souvent de ces objets, leur confère parfois un aspect sacré: le lit mortuaire

Lit traditionnel du chef, lui servant de canapé durant sa vie est aussi utilisé pour conserver la dépouille mortelle de celui-ci avant l'ensevelissement. Reposant sur le lit, une potion faite de poudre de cauris est versée sur le corps pour le maintenir intact afin d'éviter la putréfaction. Alors, s'organise tout autour de celui-ci, des cérémonies rituelles d'adieux avant d'accompagner la dépouille à sa dernière demeure

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